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28 de agosto de 2013 | | | | |

«proposer une culture de la force, de la solidarité et de l’autonomie»

En Europe aussi, les jeunes féministes s’organisent pour lutter contre le néolibéralisme

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Dans le cadre des activités de la Marche Mondiale des Femmes (MMF) de cette deuxième journée du 27 août, la conférence intitulée «La Marche Mondiale des Femmes comme mouvement incontournable» qui s’est tenue au sein du Mémorial de l’Amérique Latine de Sao Paulo, au Brésil, a réuni six femmes du Québec, du Portugal, du Bangladesh, de France, du Mali et du Brésil pour débattre de la MMF comme force dans la lutte des femmes du monde entier contre toutes les formes de sexisme, de racisme et d’autoritarisme. Clara Carbunar, de France, a évoqué la situation du mouvement des jeunes féministes en Europe.

Depuis trois ans, ces dernières organisent des campements de jeunes féministes, afin de réfléchir aux nouvelles manières d’avancer, de réfléchir et de résister ensemble. Si Clara a avoué avoir été surprise de la présence de jeunes femmes au sein du mouvement de la MMF au Brésil, elle a également reconnu qu’en Europe, où la population est vieillissante, les problématiques sont différentes, et les relations entre générations parfois conflictuelles mais aussi riches d’apprentissages et de remises en cause personnelles et collectives.

Aujourd’hui, malgré son statut d’ancienne puissance coloniale et impérialiste, l’Europe n’est pas épargnée par les attaques des marchés financiers, du capitalisme néolibéral, destructeur et anti-démocratique. Le modèle social-démocrate, qui sans être parfait avait jusque-là garanti un niveau de vie soutenable pour les populations, en termes de redistribution des richesses par l’impôt, de systèmes de santé ou d’éducation est aujourd’hui à bout de souffle, face à la privatisation croissante des biens publics, à la disparition des droits sociaux et au creusement des inégalités.

Clara a bien sûr fait la distinction entre l’Europe de l’Ouest, où les mouvements sociaux, et notamment le féminisme s’est construit sur les luttes portées depuis presque quarante ans, parfois davantage, et l’Europe de l’Est, qui après l’effondrement du bloc soviétique dans les années 90 a subi le joug du capitalisme «enrobé de démocratie», doit initier de nouvelles luttes sans mouvements déjà organisés et institutionnalisés. La mise en commun des luttes de ces «deux Europes», est ainsi un enjeu important pour le futur des mobilisations féministes.

Clara a ensuite évoqué les nombreuses difficultés auxquelles font face les jeunes, et plus particulièrement les jeunes femmes aujourd’hui en Europe: la précarisation croissante de leur statut d’étudiante, de travailleuse, d’immigrante, avec des accès à l’éducation, au travail formel, à la santé, au respect de leurs compétences et de leurs corps toujours plus réduits. L’exploitation, le harcèlement moral et sexuel, l’hypersexualisation des corps, l’exclusion du champ politique, le racisme, l’homophobie sont autant de formes de discriminations contre lesquelles elles doivent lutter. Des droits, que l’on pensaient acquis, comme celui à l’avortement, sont encore en danger dans certains pays d’Europe.

Un autre point important qu’a relevé Clara, est qu’actuellement les mouvements sociaux en Europe se battent non plus pour l’acquisition de nouveaux droits, mais pour maintenir ceux dont leurs parents ont joui, et qui sont aujourd’hui plus que jamais menacés. En cela, elle a fait appel aux femmes des autres pays, tels que ceux d’Amérique Latine, où les luttes féministes pour la démocratie durant les dictatures des années 70-80 paraissent plus pertinentes pour relever les défis des jeunes européens et européennes, pour résister à l’oppression et affirmer un discours politique visible et efficace.

«Comme les femmes noires, les femmes indigènes, les femmes lesbiennes, ont à un certain moment su, par l’effort, dans le mouvement des femmes, ont tant apporté au féminisme, tant dans les théories que dans les pratiques, nous devons parler de nos réalités, de nos analyses, et des pratiques qui en découlent», a dit Clara.

Les campements des jeunes féministes en Europe s’organisent depuis déjà trois ans (en France en 2011, en Roumanie en 2012 et cette année au Portugal) pour réfléchir politiquement aux nouvelles solidarités et résistances nécessaires face aux attaques néolibérales. Ce mouvement s’organise autour de trois principes: prendre le temps de se connaître et de construire un vivre-ensemble autour du respect des autres et de la nature, la non-mixité, et l’autogestion. Les campements des jeunes féministes d’Europe ont contribué à changer les vies de certaines militantes, qui ont connu «un déclic» dans leur féminisme: certaines ont repris leurs études, d’autres ont changé de travail, se sont sorties de la violence de leur conjoint, assumé leur homosexualité ou renforcé leurs luttes locales.

La tension existant entre l’émancipation de chacune et l’efficacité de la lutte commune peut se résoudre, autour d’une culture de «la force, de la solidarité et de l’autonomie». Face aux violences politiques et militaires, que certains peuples ont connu en Turquie ou en Grèce, il est aujourd’hui crucial de multiplier les luttes contre l’atomisation des mouvements sociaux, leur criminalisation, les cultures de la misogynie et du viol, et avancer ensemble, sur la base d’une véritable «utopie féministe», pour que cette dernière ne soit plus un rêve, mais un progrès concret et mondial pour les femmes d’Europe et du monde entier.

Photo: Radio Mundo Real

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