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5 de julio de 2013 |

Les semences paysannes menacées en France et en Europe ?

Entretien avec Patrick De Kochko, coordinateur du Réseau Semences Paysannes (France)

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Le 4 Juin, des agriculteurs de l’Ariège (France) avaient manifesté devant la direction régionale de la concurrence et de la consommation à Toulouse, dans le sud du pays. Ils avaient lancé cette action de désobéissance civique en brandissant des pancartes où était inscrit «légumes clandestins», afin de protester contre l’interdiction pour certains petits producteurs de vendre leurs produits sur des marchés qui n’appartiendraient pas au catalogue officiel.

En France, le catalogue officiel répertorie les espèces et leurs variétés cultivées issues de sélection, dont les semences sont autorisées à la vente et à la culture. En effet, quinze jours auparavant, le 17 mai, des petits maraîchers avaient reçu une amende de 450 euros après la visite de la répression des fraudes (DGCCRF), sur le marché de Lavelanet, en Ariège. Ils avaient été accusés de vendre des plants de tomates non inscrites au catalogue officiel et ne pas disposer de la carte du GNIS, (l’interprofession nationale des semences et des plants). Cette règlementation vient contredire le droit pour les paysans à reproduire, échanger et vendre les semences et les plants issus de leurs propres récoltes. En théorie, il est autorisé de produire et de cultiver des plants ou des semences non inscrits au catalogue. Il est par contre interdit de les commercialiser. Ainsi, selon le journal français Le Monde, la Fondation pour la recherche sur la biodiversité note une "homogénéisation génétique très importante sur le territoire français", ceci due au fait de la baisse de la diversité génétique à l’intérieur des variétés cultivées: les "variétés de pays", plus locales et hétérogènes, ont peu à peu été remplacées par des "lignées pures modernes", qui deviennent, à partir de 1964, le seul type de variétés cultivées et autorisées à la commercialisation.

Une réforme européenne du marché des semences est actuellement en cours. Elle envisage la création d’un «nouveau catalogue» destiné aux variétés hétérogènes. Mais en pratique, des contraintes règlementaires, telles que l’obligation de définir les parents qui ont engendré une nouvelle variété, pourraient représenter un frein à leur développement, selon le réseau Semences paysannes. A l’inverse, il permettrait aux variétés OGM, qui ne sont pas assez stables génétiquement pour appartenir au catalogue officiel, d’y être intégrées. Un contrôle accentué sur les agriculteurs travaillant avec leurs propres semences serait également envisagé, notamment au travers d’un système de fichage des producteurs.

« Cela nous inquiète terriblement parce que si ce boulevard est ouvert, cultiver des plantes brevetées ou des OGM à coté de nos semences paysannes, c’est les condamner à disparaître», confie Patrick Dekochko, coordinateur et membre du Réseau Semences Paysannes.

On voit donc bien ici l’enjeu lié à l’avenir des semences paysannes, dont les bénéfices sur la biodiversité sont connus mais cependant ignorés des filières agricoles classiques. La FAO estime ainsi que trois quarts de la biodiversité cultivée s’est perdue au XXe siècle.

«C’est un problème qui ne concerne pas que les paysans mais aussi le fait de nourrir les hommes, ainsi que la souveraineté alimentaire globale».

Photo: http://www.scoop.it

(CC) 2013 Radio Mundo Real 10 años

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