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12 de junio de 2013 | | | |

L’Aide Alimentaire, un palliatif à la Souveraineté Agricole des paysans?

La crise économique, les problèmes climatiques et les intérêts de certains acteurs impliqués dans l’aide mettent un frein sérieux au développement de la souveraineté alimentaire.

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Selon le Programme Alimentaire Mondial (PAM), aujourd’hui, 868 millions de personnes dans le monde sont sous-alimentées. La faim et la malnutrition seraient, au niveau mondial, le risque numéro un à la santé humaine, leur impact dépassant celui du SIDA, du paludisme et la tuberculose réunis. En cela l’aide alimentaire de la part des organismes de coopération internationale est essentielle dans la lutte contre ce fléau. Mais, malheureusement, le phénomène de détournement de ces aides, de la part d’acteurs divers, met un sérieux frein à l’acheminement effectif de vivres dans les pays en crise.

Il a été découvert récemment que le gouvernement du Swaziland (Afrique Australe) avait détourné les vivres alimentaires offertes par le Japon à destination des populations locales souffrant de la famine. Selon l’IRIN, un service du Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies, l’aide alimentaire aurait été vendue pour la somme de trois millions de dollars, qui ont été placés sur un compte de la Banque Centrale du Swaziland.. Ainsi, environ 12 000 tonnes de maïs ont fait l’objet d’une transaction par le ministère de la Planification économique et du Développement en 2011.

En Mars 2010 déjà, le Conseil de Sécurité des Nations Unies avait publié un rapport prouvant le détournement de l’aide alimentaire par des groupes armés, des partenaires locaux corrompus, mais également par des employés onusiens et des miliciens islamistes en Somalie, pays qui se trouve dans une situation de grave crise alimentaire depuis de nombreuses années. Au moyen d’une résolution votée à l’unanimité, il avait condamné « la politisation, le mauvais usage et le détournement de l’aide ». Ces faits avaient notamment frappé de plein fouet les organismes impliqués dans le transfert et la distribution de ces aides. Ainsi, selon l’Agence américaine de presse (Associated Press), environ 1% de l’aide alimentaire mondiale était il y a trois ans détournée pour être revendue de manière illégale. Pour éviter les pillages, les ONG présentes sur place, comme le CICR, ne paient parfois les fournisseurs que quand la marchandise arrive, puis l’achemine et la distribue elle-même.

«Avant de mettre en place nos activités, nous planifions des mesures afin d’éviter ce genre de situations», nous confie Mohamed Sheikh-Ali, coordinnateur pour la sécurité économique et les programmes de secours au sein du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en Somalie. «Par exemple, nous effectuons la redistribution nous-même, et agissons de manière directe sans avoir à passer par des intermédiaires qui pourraient échapper à tout contrôle».

Plusieurs organismes sont en charge d’apporter leur support aux populations victimes de famine ou de crise alimentaire. La plus importante d’entre eux, le Programme Alimentaire Mondial, travaille en étroite collaboration avec les ONG, même s’ils ne partagent pas la mise en place de programmes d’aide à proprement parler.

«Nous travaillons avec le PAM en partageant des informations et en communiquant, et également en nous apportant un soutien mutuel lorsque d’autres organisations sont à court de stocks, cependant nous ne mettons pas en place de programmes communs», explique Mohamed Sheikh-Ali.

Mis en place par les Nations Unies, cet organisme a distribué 3,5 millions de tonnes métriques d’assistance alimentaire à environ 100 millions de bénéficiaires dans 80 pays à travers le monde. Mais au-delà de l’aide alimentaire et des dérives qui la composent, il est également urgent de s’interroger sur les moyens à mettre en oeuvre afin de renforcer la souveraineté alimentaire des populations frappées par la faim. Actuellement, selon David Orr, porte parole du PAM dans la région d’Afrique de l’Ouest et du Sud, Le Programme a lancé une nouvelle stratégie d’action consistant à acheminer l’aide alimentaire, lorsque la situation s’y prête, en espèces ou en bons de sorte que les bénéficiaires puissent être plus indépendants, et prendre le contrôle de leurs propres dépenses alimentaires au sein des marchés locaux. Car en effet, donner aux populations qui souffrent de la faim la possibilité de se réapproprier leurs propres moyens de subsistance est un défi crucial dans les années à venir, notamment pour réussir à endiguer non seulement les situations de famine, mais également la pauvreté. C’est notamment l’un des objectifs de la Croix-Rouge. Mohamed Sheikh-Ali nous explique:

«Le jour où nous identifions un besoin, une situation d’insécurité alimentaire, nous anticipons les effets de la distribution. Mais nous mettons aussi en place des plans de soutien avec les familles et les bénéficiaires. Dans les zones rurales, nous apportons des vivres mais également du matériel agricole, nous améliorons les points d’eau, pour essayer de protéger les terres agricoles et les infrastructures.
"

Car quand elle n’est pas détournée, l’aide peut également représenter un frein à la sécurité et à la souveraineté alimentaire des pays concernés. Ainsi, lors de la crise alimentaire de 2002 en Afrique australe, la présence de céréales génétiquement modifiées dans les dons d’aide alimentaire des Etats-Unis ont eu des impacts négatifs sur les systèmes agricoles locaux déjà fragilisés. En effet, les céréales distribuées pour l’alimentation ont été récupérées pour reconstituer les stocks de semences. Lors de la récolte, les agriculteurs se sont finalement retrouvés avec entre les mains des semences génétiquement modifiées stériles, plongeant de nouveau dans une situation de grande vulnérabilité. Ici encore, les intérêts des industriels de l’agro-chimie et des multinationales s’ajoutent aux défis internes de l’aide alimentaire.

Justement, ce samedi 8 juin se tiendra le sommet du G8 sur la sous-nutrition à Londres. Déjà, suite aux crises alimentaires en 2007-2008, les membres du G8 avaient décidé, lors du sommet de l’Aquila, en Italie, de mobiliser 22 milliards de dollars sur une période de trois ans. En mai 2012, à Camp David, devant le constat que seule la moitié du montant espéré avait été effectivement distribué, Barack Obama, président des Etats-Unis, a ainsi décidé de mettre en place une Nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition en Afrique. Une initiative qui ne manque pas d’inquiéter les diverses ONG humanitaires et de solidarité internationale. En effet, afin de parvenir à faire sortir plus de 50 millions de personnes de la pauvreté d’ici à 2022, il est prévu de faire travailler ensemble des structures aussi diverses que le G8, l’Union africaine, le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), les gouvernements des six premiers pays africains concernés (le Burkina Faso, la Cote d’Ivoire, l’Éthiopie, le Ghana, le Mozambique et la Tanzanie) et surtout près d’une centaine d’entreprises (dont des multinationales Monsanto, Cargill ou Danone). Une alliance qui fleure bon les intérêts économiques, devant laquelle la volonté d’agir pour la sécurité alimentaire des pays en crise parait s’effacer.

Photo: http://www.interet-general.info

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